Voici un texte de JM Gurret (la référence en EFT en France) qui nous explique les fondements de la psychologie énergétique :

« On a essayé de faire croire aux gens que nous étions des automates génétiques, que les gènes contrôlaient notre vie, que nous en étions les victimes… L’épigénétique est la science qui montre que les gènes ne s’autocontrôlent pas, mais qu’ils sont contrôlés par l’environnement. » Bruce Lipton, biologiste cellulaire, auteur de « la biologie des croyances »

La biopsychologie qui étudie comment l’esprit peut agir sur le corps est un domaine en pleine expansion depuis la fin du Projet du génome humain en 2003. Il existe peu de données mesurant l’effet des interventions psychothérapeutiques sur l’expression génique, en raison des exigences techniques, logistiques et financières de ce type d’analyse.

Or, si les études menées sur les souris montrent que certains types de traumatismes sont transférables à leurs descendances sur plusieurs générations, on peut légitimement se demander si c’est le cas sur les êtres humains. Et si cela est bien le cas, disposons-nous des moyens pour effacer ces cicatrices émotionnelles de notre épigénome ?

La psychothérapie est un vaste domaine avec de nombreux courants et écoles de pensée concernant le traitement des problèmes mentaux et émotionnels. Au fur et à mesure que le domaine s’élargit avec la mise au point de nouvelles techniques et de modalités thérapeutiques, d’autres questions se posent au sujet des mécanismes biologiques qui sous-tendent la guérison et les transformations des personnes après les traitements.

Selon la théorie, toute nouvelle expérience peut avoir un impact sur l’expression génique chez l’humain, entraînant des changements cérébraux. Ce phénomène est connu sous le nom de neurogenèse ou de plasticité cérébrale. Une psychothérapie efficace peut être considérée comme une intervention épigénétique, régulant à la baisse les gènes du stress ainsi que ceux qui codent pour le cortisol et l’épinéphrine, et ceux qui ont un impact sur le système nerveux autonome.

Des recherches récentes sur l’expression génique ont permis aux chercheurs d’étudier les effets d’expériences telles que les interventions psychothérapeutiques. La notion selon laquelle l’environnement et l’expérience modifient le câblage neurologique du cerveau est passée d’une hypothèse à une réalité démontrée empiriquement.

L’exemple du stress post-traumatique

Parmi les troubles anxieux, le plus complexe à traiter est celui du syndrome (ou trouble) de stress post-traumatique (TSPT) qui affecte un grand nombre de personnes, exposées directement ou indirectement à la mort et/ou dont la vie ou celle de proches a été menacée. L’OMS (Organisation Mondiale pour la Santé) estime que près de 7% de la population mondiale est concernée par ce problème. Ce trouble touche un grand nombre de personnes, dont les victimes d’attentats, les anciens combattants, les migrants, etc. Souvent, les professionnels de la santé mentale considèrent même qu’il s’agit d’un état réfractaire et résistant aux traitements.

De nombreux chercheurs ont mené des recherches approfondies sur les traitements qui pourraient atténuer les symptômes du TSPT. L’une de ces thérapies est l’EFT dans sa version dite « Clinique » (Emotional Freedom Techniques) et fait partie de la famille dite de la « psychologie énergétique ». La technique EFT combine des éléments de méthodes établies telles que l’exposition et les thérapies cognitives avec une stimulation somatique sous forme d’acupression (pression du bout des doigts sur les points d’acupuncture). Elle est décrite dans un manuel de traitement disponible depuis la naissance de la méthode dans les années 1995. Des études de résultats de l’EFT ont évalué son efficacité pour diverses conditions psychologiques et physiques. Une méta-analyse de 7 essais randomisés contrôlés de l’EFT pour le TSPT a révélé des effets thérapeutiques forts. Cette méthode a été étudiée chez les militaires en service actif ainsi que chez les anciens combattants. Une évaluation réalisée auprès de 764 participants au programme de traitement du stress consécutif aux combats des militaires de Fort Hood (la plus importante base des USA, implantée au cœur du Texas et qui regroupe près de 40.000 soldats) a révélé sans aucun doute possible des réductions significatives du TSPT, de l’anxiété et de la dépression grâce à l’EFT.

Comme le souligne Dawson Church[1], les modifications épigénétiques varient selon les types de cellules et de tissus, ce qui illustre la complexité potentielle des effets environnementaux sur la régulation des gènes au sein d’un même organisme.

L’étude menée par Dawson Church et son équipe sur 16 anciens combattants souffrant de TSPT qui ont suivi une thérapie de 10 séances d’EFT montre une nette amélioration au niveau des symptômes du TSPT qui retombent en dessous du seuil clinique. Et ces bons résultats se sont maintenus dans le temps, lors d’un suivi à 3 et 6 mois.

D’autres marqueurs de la santé psychologique, tels que l’anxiété, la dépression, les comportements obsessionnels compulsifs, l’anxiété phobique, l’hostilité, la sensibilité interpersonnelle, la paranoïa, les insomnies et la douleur ont également tous montré des améliorations statistiquement significatives.

Mais au-delà de ces améliorations visibles, l’analyse des données sur l’expression des gènes a démontré que les changements dans les niveaux d’expression de gènes spécifiques sont mesurables après un traitement en EFT.

Cette étude est la première à évaluer le potentiel épigénétique du traitement par l’EFT et à identifier certaines des voies génétiques qui peuvent médier l’efficacité de l’intervention. Les gènes candidats identifiés dans cette étude sont impliqués dans les voies de réponse au stress et sont essentiels à la régulation de l’immunité cellulaire et de l’inflammation. Ce résultat est conforme aux travaux antérieurs de D. Church également démontrant une réduction des taux de cortisol, l’hormone du stress, chez les participants après une seule séance de traitement en EFT. Ces constatations concordent également avec les études d’autres chercheurs qui ont trouvé des preuves de l’expression différentielle des gènes sensibles à la signalisation des glucocorticoïdes et aux voies inflammatoires dans une cohorte de vétérans masculins exposés à un traumatisme et souffrant du TSPT.

Les résultats psychologiques sont remarquablement similaires à ceux obtenus dans d’autres travaux, avec une réduction significative des symptômes de plus de 50 %, et indiquent que l’EFT est un traitement efficace du TSPT fondé sur des preuves. Elle montre que l’amélioration de la santé mentale ne se limite pas à la dimension psychologique du client, mais qu’elle a également une grande utilité médicale. Cette étude jette les bases de recherches futures sur les mécanismes physiologiques d’action des thérapies et, conjointement avec des études similaires, démontre qu’une psychothérapie efficace peut être considérée comme une intervention capable d’influencer la santé au niveau épigénétique.
Jean-Michel Gurret

[1] Dawson Church, PhD est l’auteur de nombreuses recherches et ouvrages dont le «Génie dans vos Gènes» et «de l’Esprit à la matière». Il a réalisé en 2016 une étude sur les effets épigénétiques d’un traitement du TSPT intitulée : Epigenetic Effects of PTSD Remediation in Veterans Using Clinical Emotional Freedom Techniques: A Randomized Controlled Pilot Study, par Dawson Church, PhD, Garret Yount, PhD, Kenneth Rachlin, MSEE, Louis Fox, BSc, et Jerrod Nelms, PhD DOI: 10.1177/0890117116661154