apprentissage

Benjamin est en prépa. Son père raconte que c’est compliqué, il est démotivé et ne trouve plus de solution, du coup il est extrêmement stressé. Pourtant c’est la prépa qu’il souhaitait faire, il en rêvait et à fait en sorte de pouvoir y accéder; mais son apprentissage se passe mal.

Dès le premier jour de la prépa, le cadre a été posé : le prof principal regarde les premières années et leur assène que de toute manière il ne se fait pas d’illusion très peu d’élèves pourront valider l’année, « et encore » précise t-il ….

Puis ce sont des notes très faibles qui tombent avec des commentaires dégradants, des remarques vexantes, de l’humiliation visant à faire sortir le meilleur de l’élève probablement. Lors d’un point avec son prof principal, Benjamin lui demande s’il pense qu’il pourra redoubler ? La réponse, sous forme de rire moqueur, sera la goutte d’eau qui emmènera Benjamin dans un état d’abattement.

Certains penseront que nombre d’entre nous, ont subi des vexations, brimades, persécutions … et n’en sont pas morts pour autant. C’est vrai, je me souviens de professeurs agissant comme cela et certains de mes confrères m’ont fait part également de punitions physiques de la part de leurs professeurs.

Cela m’interpelle pourtant. Comment en 2021, avec les connaissances que nous avons en Neurosciences, il est encore possible d’agir de la sorte ? Que l’on soit prof en prépa ou ailleurs, le rôle du formateur n’est-il pas de stimuler l’apprenant afin qu’il délivre le meilleur de lui-même ? L’objectif n’est-il pas de transmettre un savoir afin que l’élève puisse, à partir de ce savoir, construire ou agrémenter, des compétences pour pouvoir les restituer dans un mode professionnel un jour ?

Nous le savons, on n’apprend jamais mieux que lorsque l’on prend du plaisir (cf Dehaene ou Damasio). On n’est jamais aussi performant que lorsque notre système nerveux sympathique est apaisé (cf Lupien).

Je ne comprends pas l’intérêt d’humilier ainsi les apprenants. Que ce soit intellectuellement ou financièrement, cela n’a pas de sens. Intellectuellement, car le formateur doit être animé par la transmission, l’échange, la réflexion; financièrement, dégouter un apprenant n’a pas de sens puisqu’il abandonnera plus facilement; et humainement … n’en parlons pas, ne croyons pas qu’en rabaissant l’individu, il se construira mieux, à ceux qui le pense encore, je vous invite à vous référer aux styles d’attachement (cf mes articles ou internet).

Est-ce donc si compliqué de lâcher l’école de « papa » qui brime et limite les formes d’intelligence, pour s’ouvrir à une aire nouvelle et libérer le potentiel de chaque individu ? Nous avons tous à y gagner.