soft skills

Nous avons souligné l’importance d’écouter l’émotion lors d’un précédent article, nous pouvons dès lors nous interroger sur son rôle.

Prenons l’exemple de la colère. Quelle information, la colère, nous donne-t-elle, que nous enjoint-elle de faire ? Je vous propose de prendre quelques instants avant de lire la suite pour y réfléchir, vous serez peut-être surpris(e) de la difficulté à répondre à ce questionnement…

Imaginez des enfants (nous sommes tous passés par là, cela devrait donc parler au plus grand nombre) en train de jouer avec des billes. Chacun amène ses billes, fait un parcours. Et un enfant prend une bille dans le sac de son camarade. Quand celui-ci s’en aperçoit, il pique alors une colère, qui va le pousser à mobiliser son énergie, voir sa combativité pour faire valoir son droit. Ainsi, la colère nous renseigne sur le fait que quelque chose n’est pas conforme au besoin : une sensation d’injustice, un manque de respect, de l’impuissance, un besoin non satisfait. Elle invite à réagir, comme toutes les émotions d’ailleurs, ce qui se fait pour la colère, au travers d’un regain d’énergie nécessaire pour aller récupérer la bille, éventuellement se mettre en position de combat.
C’est le même cas si lors de vos courses, une personne vous passe devant, alors que vous êtes dans la queue; cela va probablement vous mettre en colère, ou vous agacer suffisamment, pour faire entendre haut et fort que la queue est derrière. Et plus l’inconfort sera intense, plus la colère sera élevée. Ce n’est pas la même chose, en terme de ressenti et d’intensité, d’être agacé, exaspéré ou en rage.

Il en est de même pour toutes les émotions. Ainsi, la peur nous informe de la perception d’un danger, d’une menace et va nous inviter à nous mettre en hypervigilance pour confirmer, ou infirmer, l’existence de ce danger, mais également nous enjoindre à fuir ou combattre ledit danger. C’est ce que nous avons tous vécus un jour, en marchant dans le noir, nous entendons un bruit qui nous met en alerte. Nos oreilles, nos yeux, nous semblent alors subitement plus réceptifs (voir un prochain article pour expliquer ce phénomène), et nous sommes prêts à piquer un sprint pour échapper à l’origine de notre peur et nous mettre en sécurité.

La tristesse quant à elle, nous dit que quelque chose est fini. Si nous restons sur l’exemple des petits, imaginez l’émotion après la perte de doudou-chéri. De quoi a besoin le petit, à ce moment-là, alors qu’il est en larmes ? des bras d’un adulte aimant qui va le consoler, lui permettre de passer cette étape, qui va trouver des solutions de remplacement. C’est également cela lors d’un deuil. Plus rien ne sera tout à fait pareil, il va donc falloir apprendre à vivre différemment.   

Quant à la joie, c’est souvent moins évident. L’information donnée est, que les besoins sont satisfaits, et son rôle est précisément de nous inciter à continuer dans cette direction, de stimuler l’activité pour demeurer dans la joie plus durablement.

A ce stade, il faut garder en mémoire que ces émotions parfois inconfortables, étaient fortement utiles pour la survie de nos lointains ancêtres préhistoriques. A cette période, les capacités d’analyse, de réflexion et de prise en considération des impacts des agissements, étaient nettement moins développées. Aujourd’hui, il est possible d’analyser qu’un coup de poing n’est pas forcément la meilleure façon de faire pour faire valoir ses propres besoins. En attendant nos émotions nous informent toujours qu’il y a quelque chose à faire !