Ne banalisons pas la fatigue !

Au détour d’une conversation avec des professionnels de la santé, une personne m’a fait part de son profond désarroi face à une remarque d’un de ces collègues. Elle exprimait à ce moment là sa fatigue et son collègue lui a rétorqué que X était beaucoup fatiguée qu’elle.

Cela a été vécu comme un véritable coup de poignard, les pensées qui ont suivi étant synthétisées ainsi « mais que faut-il que je fasse pour que l’on entende et que l’on reconnaisse ma fatigue ? »

Cette thématique je l’entends, hélas, souvent. Quelque soit notre ressenti vis à vis de la personne, quelque soit notre opinion (mais elle est en pleine forme, ça va son boulot n’est pas si fatiguant, il est jeune …) ne banalisons pas la fatigue.

A vouloir nier la fatigue, la sienne ou celle des autres, nous agissons de la même façon que nos parents face à l’émotion. On en parle pas, donc ça n’existe pas. Jusqu’au jour ou cela fait cocotte minute …

La fatigue a un rôle, elle est là pour nous alerter sur le fait qu’il y a quelque chose qui n’est pas ok. Peut-être que physiquement nous en faisons un peu trop : trop de boulot, trop d’investissement auprès des autres, trop peu de temps pour moi. Peut-être qu’intellectuellement, nous nous surmenons : sans moi le boulot ne va pas se faire, je n’ai pas confiance en mon équipe, je dois montrer que je compétent …

Il est surprenant que nous prenions si soin à ne pas pousser à bout notre matériel : voiture, moto, appareils divers. Il ne nous viendrait pas à l’idée de mettre notre téléphone portable en plein soleil l’été, ou sous la neige en hiver … Mais prendre soin de notre corps et de notre tête ne semble pas être la même priorité. Pourtant nous sommes notre meilleur ami, notre esprit a besoin de notre corps et vice versa.

Alors écoutons ce que la fatigue a à nous dire, la notre ou celle des autres. Agissons pour redonner de la douceur lorsque nous avons poussé à bout notre corps et/ou notre esprit. En cela la sophrologie, la méditation, la cohérence cardiaque, mais aussi la psychologie positive, qui va libérer ses schémas inadaptés, sont de formidables outils.

Et si les employeurs sensibilisaient les collaborateurs à cette thématique … Parce qu’en terme de motivation, d’organisation, de rendu, rien ne vaut une équipe en forme. Qui veut aller ménage sa monture !

Après 10 ans de nuit chaotique et un burn-out, je me suis décidée. Je ne voulais plus des médicaments, des cachets qui m’assomment mais ne me permettent pas de dormir. Je savais que la solution étant en moi, Nathalie l’a entendu. Elle a été honnête, ce serait probablement l’affaire de plusieurs mois au regard du passé. Je n’ai pas lâché, aujourd’hui je sais de nouveau ce que c’est dormir, avec le plaisir de dormir en plus, je crois que j’avais oublié. J’ai adoré le schéma de la cocotte mn, c’est tellement moi !