Hier en fin de journée je reçois un appel masqué, contrairement à mon habitude je décroche. Au bout du fil une femme me tient ces propos « Bonjour Madame, ne vous inquiétez pas, tout va bien, je suis de la police, je vous passe votre fille. »
En quelques secondes j’ai eu la sensation que tout la partie haute de mon corps, les viscères et divers organes, avaient décidé de se loger dans mes pieds. Que s’est-il donc passé, j’avais pourtant l’information de ne pas m’inquiétez et j’ai tout de même stressé ?

Lorsque notre cerveau reçoit une information il va tout d’abord fixer son attention (de façon inconsciente) sur l’information qui luis semble la plus importante. Si je vous dis, par ex : « durant les quelques secondes qui viennent de ne pas penser à 2CV verte », il y a fort à parier que vous avez pensé à cette 2CV verte, et pourtant la consigne est autre. Car le cerveau a cherché l’information principale : la 2CV verte et non la consigne qu’il intégrera après [dans mon cas quelques micro secondes après mes viscères et organes ont repris leurs places, mon cerveau ayant intégré la consigne].

Ce cas vous avez dû le vivre et l’observer de nombreuses fois. L’enseignement que l’on peut tirer très succinctement de cela, est que notre cerveau est conçu pour recevoir une information qui engendre une réaction. Pensez au temps de la préhistoire, la vie nécessitait d’être réactif et donc de dire ce qu’il y a à faire et non pas ce qu’il n’y a pas à faire. Avouez tout de même que parfois nos propos sont alambiqués !

Donc nos cerveaux ont besoin pour une meilleur intégration, de formulations positives : qu’est-ce que je veux , et non pas qu’est-ce que je ne veux pas ? Ici, cela aurait pu être, j’ai une information à vous donner qui va occasionner un retard sans gravité de votre fille, par ex. [Cela dit je remercie du fond du coeur la policière qui a pris soin de mes enfants – le frère suivant la sœur de peu – durant l’intervention et qui nous a tenu informé.]

Transposez cela maintenant à un enfant, vous comprendrez aisément qu’il aurait était nécessaire pour le tout petit être que nous étions que nos parents remplacent le « ne monte pas sur le mur », « ne traverse pas tout seul », « ne cours pas », pas des phrases du type : « je préfèrerais que tu me donnes la main pour traverser », « tu pourras courir une fois que tu seras sur le chemin en terre »…
Le principe est le même pour les cerveaux plus élaborés des adultes, plutôt que de dire ce qui n’est pas souhaité, simplifions-nous la vie et donnons la consigne que l’on souhaite.